05 octobre 2009
Plein les oreilles...
Une fois n'est pas coutume, la princesse va vous parler de musique.....
Curieusement, j'en écoute rarement ! Je n'ai pas de baladeur, très peu de CD, pas de liste pré-enregistrée sur mon ordi et je n'allume quasiment jamais l'auto-radio en voiture ...
Je pense que je suis une fille du silence, celui qui permet à mes idées de germer puis de se développer....
Cela ne veut pas dire que je n'aime pas la musique, loin de là !
Et je pense même être assez au courant de ce qui sort comme nouveautés, grâce aux ados(ultes) qui me font écouter leurs coups de coeur, ou au hasard qui me permet sur le net de faire quelques jolies découvertes....
De moi-même, spontanément, je suis beaucoup plus attirée par un mot que par une note, par un livre plutôt que par un disque. Souvent, quand je suis au cinéma, je ne prête pas grande attention à la bande-son...
Mais par contre, comme j'ai toujours aimé m'imprégner des univers des gens que je fréquente, il y a aussi toujours eu des musiques qui m'ont frappées comme des évidences, des groupes ou des chanteurs que j'ai "reconnus" comme s'ils faisaient partie de moi....
J'ai adopté certaines musiques en même temps que j'aimais ceux qui me les faisaient découvrir !
Heu.... je sais pas si je suis très claire, là !
Du temps de "la maison près du ruisseau" (si le lien ne fonctionne pas, voir dans mes archives "une rencontre clé" en décembre 2008 !) ceux que je fréquentais étaient tous hispanophones, espagnols même pour certains, passionnés de culture andine....
Parmi ceux qui passaient quelques jours à la maison, il y avait souvent des amis d'amis qui revenaient de voyage, on rêvait du Macchu Picchu, de la Patagonie, de la Cordillère...
Au Chili ou en Argentine bien sûr, mais aussi en Bolivie ou en Colombie, la société latino-américaine explosait de toute part....
Etant la plus jeune du groupe, je n'avais pas encore une conscience politique très développée, mais j'ai très vite faites miennes les idées d'un monde plus juste qui bourdonnaient autour de moi....
Et durant plusieurs années, je me suis cramponnée à cet héritage un peu utopiste comme à une bouée de sauvetage...
Le rapport avec la musique ?
Tout d'abord, j'ai découvert les paroles !!!
Les oeuvres de Bioy Casares, de Cortazar, de Borges, de Garcia Marquez, d'Onetti....
Puis la poésie de Pablo Neruda, les textes de Violeta Parra ou de Victor Jara....
largement diffusés car mis en musique par leurs auteurs ou repris par d'autres avec toujours autant de ferveur !
Textes engagés, musiques militantes, rythmes propices aux marches et aux défilés....
C'est cela que j'ai retenu de toute cette époque de ma vie, des notes au service des mots et non l'inverse, des chansons à reprendre en choeur, qui prennent aux tripes et donnent envie d'agir pour bousculer les choses....
Il y a quelques jours, le Chat au téléphone m'a dit qu'il allait peut être se rendre à un concert d'Inti Illimani....
(bon, finalement il n'a pas pu y aller, mais ce n'est que partie remise !)
.... et bien sûr j'ai fait un grand bond dans le passé....
J'ai recherché sur le net.... pour constater que trente ans après, je connais encore les paroles de leurs chansons par coeur !!!!
Idem pour Quilapayun, Paco ibanez, Illapu ou Sol y Lluvia......
J'ai passé des heures à réécouter ....
Et fait une petite liste (non exhaustive !) que j'ai envoyée par mail à mon fils....
Tant que tu es là bas, hijo mio, profites-en, si tu le peux, pour aller écouter en live ces musiques qui ont tant compté pour moi à une époque....
"Largo Tour" et "Parà qué nunca màs en Chile" par Sol y Lluvia
"El pueblo unido" et "venceremos" par Quilapayun
"Cancion del poder popular" et "Palimpsesto" pas Inti Illimani
"El aparecido", "El derecho de vivir en pàz" et "Te recuerdo Amanda" de Victor Jara
.....
Allez, je me les repasse, encore une fois, juste pour le fun de remonter le temps !!!!
PS : En plus, on dit que la musique adoucit les moeurs.... je devrais peut être la mettre plein pot pour débloquer une situation qui n'évolue pas !!!
02 septembre 2009
Mon lycéen....
En relisant son billet de lundi, la princesse a réalisé que tout simplement il n'y avait plus de rentrée des classes dans la grande maison et que c'est sans doute cela qui donnait un peu de non-sens à cette première semaine de septembre...
Mini-Chat-Suffit, en accédant au statut de lycéen, bascule dans un monde où il n'y a plus vraiment de "jour de la rentrée"....
Il y a le jour où l'on va s'inscrire, en juillet, muni de tout un dossier avec photos, fiche d'intendance, d'infirmerie, d'inscription, de choix d'options....
Le jour où on va remplir le dossier pour la carte de bus...
Celui où l'on réserve les manuels scolaires....
Et zou.... en septembre, on va récupérer ses bouquins un jour, on fait sa pré-rentrée et le lendemain ou (sur-lendemain parfois !) on est jeté dans l'arène avec le début officiel des cours, l'ouverture du restaurant scolaire et la mise en place de l'emploi du temps....
Tous les ans, en septembre, j'ai religieusement escorté chacun de mes rejetons jusque dans leurs classes respectives....
Tous les ans, en septembre, je me pointais à l'école maternelle ou primaire avec un petit à la main et un BB ou dans le ventre, ou dans les bras !!! Parfois deux !!!
Je me souviens tout particulièrement de la rentrée du Chat en CP.... il n'avait pas voulu leur faire de la peine, mais je crois que ce jour-là il haïssait ses trois petites soeurs qui avaient tenu à l'accompagner jusque dans la cour, seules visages pâles parmi les têtes métissées !!! Les gens me complimentaient sur ma tribu, caressaient les cheveux des filles tandis que mon fils ainé filait rejoindre ses copains et tenter de disparaitre à nos yeux !
Ce jour-là, j'étais encore seule à savoir que j'attendais Mini-Chat-Suffit ...
Le rituel d'accompagnement s'est toujours arrêté après la première rentrée au collège...
En sixième, ils étaient encore contents de me savoir à proximité, reléguée quand même avec les mères des copains, et faisant un discret coucou de la main avant de rejoindre un rang à l'appel de leur nom ! Je restais dans la cour jusqu'à ce qu'ils aient disparu dans les étages...
Dernière rentrée officielle ! La suivante, ils l'ont tous faite seuls préférant donner RV aux copains pour rejoindre un lieu qu'ils connaissaient déjà !
Quant au lycée, la visite organisée par le collège permet déjà de repérer les lieux... Le jour de l'inscription, les parents sont là pour aider à se diriger sans encombres et on retrouve là encore des têtes connues....
Du coup, le jour de la pré-rentrée, j'ai toujours senti que ma présence, sans être indésirable, n'était pas indispensable ni même souhaitable ....
Mini-Chat-Suffit ne fait pas exception !
Ce matin, c'est tout seul qu'il va prendre le bus jusqu'au lycée, tout seul qu'il va retrouver ses copains avant de chercher son nom sur les listes (parmi les quelques quatre cents élèves de seconde !)....
Il fait SA rentrée ! Mais pour moi, tout cela et bel et bien terminé !
Je n'en éprouve aucune nostalgie tant cette période a toujours été synonyme de stress, course contre la montre, télescopage d'agendas....
Fini la gestion des listes de fournitures où l'imagination des profs se révèlait sans limite !
Fini l'obligation d'aller signer une décharge chaque fois que je voulais récupérer mon enfant pour cause de prof absent !
Fini les réunions parents-profs où on poireaute des heures pour 5mn ! De toute façon, s'il y a un souci.... il faut prendre un RV individuel !!!
Avec le passage au lycée, j'ai le sentiment d'avoir, en tant que mère, moins d'obligations pesantes et parfois inutiles !
Surveiller la scolarité d'un peu plus loin, laisser l'élastique pendre un peu plus d'amplitude tout en restant (très !) vigilante....
Permettre à Mini-Chat-Suffit de goûter aux joies de sécher la cantine de temps à autre, muni d'un ticket-restau pour éviter de se balader avec de l'argent....
Savoir qu'au lieu d'aller en perm' il peut aller faire un tour et croiser les doigts pour qu'il gère sans encombre cette liberté toute neuve....
Réaliser qu'il va se faire de nouveaux copains dont je ne saurais rien ou si peu, que je ne rencontrerai que s'il le souhaite, et prier pour qu'il les choisissent bien ....
Etre là.... Présente à la demande sans devancer l'attente...
Laisser la liberté se profiler et ouvrir grand les bras pour le laisser en profiter tout en le protégeant encore.....
Ouais.... Le passage au lycée, c'est moins d'obligations pesantes et parfois pénibles, mais c'est pas encore la fin des inquiétudes maternelles !!!!
06 août 2009
Au bout du fil...
Avec une facilité déconcertante, la grande maison s'est mise en mode vacances et la princesse avec !!!
Volets à demi-clos, ciel uniformément bleu, repas allégés et siestes obligatoires.... Ce début de première semaine de pause a été bien agréable.
Sauf pour Chat-Suffit sans doute, qui a renoué avec les travaux d'intérêt général un peu relâchés après son succès au brevet.... Mais le deal était clair.... nouveau dérapage, nouvelles sanctions ! Il s'y plie sans ronchonner ce qui m'amène à m'interroger sur les capacités de réflexion et de prise de conscience de mon petit dernier ! Levé aux aurores, quand tout le monde dort encore, pour désherber à la fraîche, repas pris en tête à tête avec lui-même, longues heures d'exil dans sa chambre avec des livres dont il doit faire un compte-rendu... et même pas énervé, même pas je fais la gueule !!!
Les platanes plantés par monsieur Liaht il y a deux ans font maintenant assez d'ombre pour que les repas puissent se prendre à distance raisonnable de la cuisine.
Dans le reste du jardin, c'est l'inverse.... il a fallu élaguer pour faire rentrer un peu de soleil entre les branches des pins, des bouleaux et du magnolia.
Durant deux jours, Monsieur Liaht a joué à l'équilibriste perché sur sa plus haute échelle, puis au bûcheron pour débiter et enfin au manoeuvre pour trier ce qui servira de bois de chauffage et ce qui devait être transporté à la déchetterie.
Chat-Suffit a, là encore, eu son lot de tâches ingrates à accomplir !
Lundi, je me suis enfin procuré le micro-casque indispensable pour discuter avec le Chat sur s*k*y*p*e.....
Et curieusement, je n'ai pas encore inauguré mon achat !!!
Plusieurs fois par jour, une petite fenêtre s'ouvre au bas de mon écran pour me signaler que "le Chat est connecté"... Je l'imagine alors, vautré sur son lit, le portable sur les genoux, lisant ses mails et y répondant, ou discutant avec ses copains dispatchés de par le monde...
Je me dis que par la magie d'internet, je pourrais lui parler presque autant que je le veux ! Peut être même plus souvent que quand il était à la maison et qu'il passait parfois plusieurs jours sans dormir là, ou rentrant trop tard dans la nuit pour que nous ayons le loisir de discuter !!!
Quand il était à Budapest, nous communiquions essentiellement par mail, exceptionnellement par téléphone. Et ces moments-là, de par leur rareté, étaient de purs bonheurs....
Sans doute ais-je envie de garder à nos discussions ce caractère d'improvisation qu'elles perdraient si je prends l'habitude de lui parler tous les jours....
Sans compter que je crains un peu d'être intrusive dans une vie qu'il s'est choisie à l'autre bout du monde ! Je peux certes appeler quand j'en ai envie.... mais lui, a-t-il forcément envie de me répondre à cet instant précis ???
Je ne maitrise pas encore assez la technique pour savoir s'il n'est pas déjà en train de discuter avec quelqu'un par le même biais, et si je ne cours pas alors le risque de l'interrompre...
Tout comme il était rare que je le dérange quand il était enfermé dans sa chambre ici, je me dis que je dois aussi respecter de la même manière sa liberté à distance !
Après tout, il peut lui aussi m'appeler.... même si je ne sais pas bien comment l'appel m'est signalé sur mon ordi !!!
Je suis contente.... J'ai un micro-casque sous la main, je peux l'appeler quand je veux, et cela suffit à mon bonheur, même si je suis bien décidée à n'utiliser cette option qu'une fois par semaine, ou en cas d'information importante à transmettre !
Pour le quotidien, les mails sont un bon vecteur ! Il les lit quand il veut, répond de même, et je suis sûre de ne pas abuser !!!
Je m'étonne parfois de la retenue, de la pudeur, qui régit mes rapports avec mon fils ainé alors même que je me sens tellement proche de lui, que nous partageons tant de points communs, tant de confidences échangées à demi-mot....
Est-ce parce qu'il me rappelle étrangement, par beaucoup de facettes, l'ado(ulte) que j'ai moi-même été....
25 juillet 2009
Inconscience...
Hier matin, la princesse a eu des nouvelles du Chat...
Un mail à nouveau, court, trop court, ne répondant à aucune des questions qui me hantent... Où dors-tu ? Comment fais-tu pour manger sans argent ? Et où peut-on t'en envoyer ? Où as-tu entreposé tes bagages et tes papiers et sont-ils en sûreté ?....
Et des nouvelles pas forcément rassurantes...
En fait, mercredi soir, le Chat buvait un pot dans un bar avec un étudiant français rencontré la veille. Ils se sont réveillés le lendemain matin, sur les hauteurs de la ville, délestés de leurs portefeuilles et de leurs portables, mais avec leurs papiers, cigarettes et clés...
Leurs souvenirs s'arrêtent exactement au même moment, dans ce bar, ils n'ont bu ni l'un ni l'autre en quantité assez excessive pour perdre conscience, ils ont des bleus un peu partout et l'estomac retourné....
La famille chilienne chez qui loge le copain leur suggère une évidence... ils ont été drogués par le biais de leur verre puis transportés ailleurs.... Il parait que c'est déjà arrivé à d'autres étrangers !
Cela aurait pu se terminer beaucoup plus mal...
Le Chat ne dit pas grand-chose d'autre. Je sens dans son mail à la fois le soulagement de n'être pas "responsable" de son état, et la peur rétrospective de ce qui aurait pu...
Pour ma part, l'inquiétude est tout de même bien présente. Je suis convaincue que d'avoir déjà pas mal bourlingué à l'étranger a rendu mon fils moins vigilant, trop confiant en sa bonne étoile !
Nul doute qu'il sera plus sur ses gardes la prochaine fois.
Et je ne me fais aucune illusion.... La même mésaventure aurait tout aussi bien pu arriver à n'importe quel étudiant étranger débarquant en France !!! Les individus peu scrupuleux existent partout !
En attendant, nous n'avons encore rien résolu....
Je n'ai toujours aucun moyen de le joindre par téléphone, et c'est ce qui est le plus urgent afin que nous puissions convenir d'un moyen de lui expédier de l'argent. Je ne sais toujours pas s'il a trouvé à se faire dépanner en logement.
Je ne sais pas s'il a vu un médecin pour vérifier que tout va bien.
Je n'ai que des questions et si peu de réponses...
Il devait nous envoyer un mail cette nuit afin de nous donner un N° de téléphone où nous pourrions l'appeler, mais... rien...
D'ici la fin du WE, j'espère que nous pourrons enfin entendre sa voix, que je serai enfin rassurée...
29 mai 2009
La vie devant eux...
La princesse a toujours dit à ses enfants qu'ils ne seraient adultes que le jour où ils seraient totalement capables de subvenir à leurs propres besoins....
et ce n'est absolument pas de ma part une façon de les maintenir dans le giron maternel, de les déresponsabiliser ou de leur refuser la liberté d'être et d'agir à laquelle ils aspirent logiquement !!!
Je suis simplement persuadée que, contrairement à ce qu'ils croient, être adulte n'est pas aussi enviable que ça !!!
Je suis bien consciente qu'il est inéluctable de grandir et que devenir vraiment adulte est, sinon une fatalité, du moins un passage obligé !
Les adolescents attardés m'agacent toujours un peu parce que justement je trouve qu'ils se délestent trop facilement sur autrui des responsabilités qui leur incombent !
Ce n'est pas pour autant qu'il faille grandir trop vite et se précipiter dans l'âge adulte en idéalisant le fait d'être indépendant, libre et autonome !
On ne le réalise pas toujours dans l'instant, mais l'adolescence est finalement le seul moment où l'on peut à la fois prendre ses responsabilités et décider pour soi, et n'être responsable que de soi et ne décider que pour soi !
A partir du moment où l'on entre dans la vie d'adulte totalement, avec boulot fixe, charges à assumer, impôts à payer, puis conjoint et enfants dont il faut tenir compte... pfff... fini l'insouciance de l'adolescence où l'on peut décider sur un coup de tête tout et n'importe quoi sans autre conséquence que pour soi-même !
Ce n'est ni mieux ni moins bien d'être adulte ou adolescent... C'est différent fondamentalement ! Et je suis persuadée qu'il ne faut pas brûler les étapes ! Gide (qui savait de quoi il parlait !) disait que "les adolescences trop chastes font les vieillesses dissolues" et en extrapolant un peu sa pensée, je crois qu'effectivement ceux qui ont grandi trop vite gardent à jamais la nostalgie de ce qu'ils n'ont pas connu et ont tendance sur le tard à rejeter tout ce (ceux !) qui ne leur apparait plus que comme une contrainte insupportable !
L'adolescence est pour moi l'âge de tous les possibles....
On se brûle les ailes pour trouver ses propres limites, on s'engage sans retenue car la raison n'a que peu de place dans nos impulsions, on improvise notre vie au jour le jour, demain est une page vierge que nous pouvons remplir comme bon nous semble....
On ne se soucie ni d'être dans la norme, ni de faire ce que l'on attend de nous.
On est comme une éponge, absorbant tout ce que la vie nous propose afin de pouvoir, plus tard, déterminer l'adulte que l'on sera.
Ce n'est que peu à peu que l'on prend conscience des responsabilités que l'on a envers soi-même, ses proches, la société...
L'âge de tous les possibles...
Décider un soir à 18h de faire quatre heures de route juste pour aller voir la mer...
Décider de faire la fête toute la nuit sans penser à la journée vaseuse qui s'ensuivra...
Décider de partir sac au dos sans destination précise et profiter des rencontres pour aller ici plutôt que là...
Décider que telle cause vaut bien qu'on s'y engage à fond en dépit des risques mal calculés...
S'emballer, s'investir, se tromper, recommencer, apprendre, tomber, se relever.....
Quand je vois aujourd'hui mes ados(ultes) expérimenter à leur tour tous les possibles que j'ai connu avant eux, je me rends compte que je n'ai aucun regret, mais seulement une pointe de nostalgie attendrie en repensant à l'adolescente que j'ai été !
Parce que les adultes qu'ils deviendront seront sans nul doute influencés par les adolescents qu'ils auront été ...
Et que, peu à peu, je vois que le sens des responsabilités se profile chez chacun d'entre eux, d'une manière très personnelle à chacun ...
13 avril 2009
Joyeuses fêtes de Pâques !
la Princesse vous souhaite un bon lundi de Pâques !
Exceptionnellement, ce lundi, je ne serai pas dans mon bistrot favori en compagnie de mes copines !
Lundi férié, bistrot fermé !
C'est dommage....
Me reviennent des souvenirs de WE pascal aux Antilles....
Eglise pleine, tout le monde en blanc, les cloches sonnant à pleine volée....
Eh oui..... à cette époque, je fréquentais l'église ! Je ne dirais pas assidument, mais en tous cas avec plaisir, un ou deux dimanches par mois et pour toutes les fêtes importantes de l'année !
Parce que le vieux curé était plein d'un enthousiasme communicatif, le verbe haut et parfois un brin provocateur, que la chorale se souciait plus de l'énergie de ses chants que de la justesse des notes, que les enfants courant partout ne suscitaient que des sourires indulgents et que toute l'assemblée manifestait tant de joie à taper dans les mains au rythme d'un orgue poussif que nous ne pouvions passer à côté de ce moment si important dans le village !
le rapport avec le bistrot fermé ?
J'y viens !
Après la messe, toux ceux qui voulaient se retrouvaient à la cure pour prendre l'apéritif dans le jardin, s'il faisait beau, ou dans la grande cuisine !
La bonne du curé, une matrone en madras de la tête aux pieds, ronchonnait en servant des jus frais aux gamins et des ti'punch aux adultes ! Je me souviens même de son nom.... Cidalise, alors que j'ai oublié celui du vieux curé !
Pour Pâques, le bistrot du curé se faisait encore plus festif..... Bon mangeur, bon buveur, beau parleur, le vieil homme était connu pour être friand de matoutou, un ragoût de crabes, et chacun tenant à lui faire plaisir, il n'avait d'autre choix que d'inviter tout le monde à partager les nombreuses marmites déposées à sa porte !!!
J'avais donc, tous les WE de Pâques, un bistrot d'un genre un peu particulier ouvert malgré les jours fériés.... ce qui n'est malheureusement pas le cas aujourd'hui ici !!!
Tant pis.... ce sera café maison !
18 mars 2009
Same player, play again...
La princesse a depuis toujours aimé les mots....
ceux que je lis, ceux avec lesquels je peux écrire.
Je ne regretterai jamais d'avoir fait du latin ou du grec, grâce auxquels l'éthymologie devient un jeu !
J'aime distordre les mots, les aligner, mélanger les familiers avec les recherchés, me laisser surprendre par un inconnu qui ne le restera pas longtemps, les faire rimer ou se heurter....
Je suis toujours fascinée par le pouvoir des mots, par le fait que quelques lettres ordonnées puissent changer à tout jamais le sens de notre vie, de notre perception des choses....
Quand je vivais aux Antilles, j'ai eu la chance durant trois ans d'animer des ateliers- lecture pour des élèves de CE2, par petits groupes de 8 ou 10, permettant ainsi à l'instituteur de s'occuper de l'autre partie de sa classe, des CE1 ou des CM1 selon les années.
Les premières séances débutaient toujours de la même manière....
Qui aime lire et quoi ???
C'était une quasi unanimité..... ils n'aimaient pas beaucoup lire, et quand ils y étaient contraints ces enfants se contentaient de BD ou de magazines.
Comme je creusais un peu la question, je me suis vite rendue compte que les livres ne faisaient, pour la plupart, pas partie de leur univers familier....
Les livres, ils les croisaient à l'école, parfois à la bibliothèque, mais rarement à la maison et du coup l'écrit se trouvait sacralisé, inaccessible...
Ils ne demandaient pas mieux que de lire mais les mots, tels qu'ils les percevaient sur le papier, ne faisaient pas partie de leur vocabulaire de base, les différentes graphies ajoutant à leur sentiment d'étrangeté....
La culture antillaise est beaucoup basée sur l'oralité et si les Antilles ne manquent pas de poètes et d'écrivains extraordinaires, il n'en demeure pas moins que la littérature et l'écrit en général étaient encore il y a dix ans assez confidentiels, notamment dans les campagnes....
La curiosité naturelle des gamins cet âge et leur bonne volonté étaient pour moi du pain béni !!!
J'ai décidé que je n'animais pas des ateliers-lecture, mais des jeux avec les mots....
Du coup, cela semblait tout de suite moins rébarbatif !!!
On s'amusait ainsi, au cours de l'année scolaire, avec un mot-racine pour lequel on cherchait tous les dérivés (les mots-branches !).... on partait d'un récit existant, écrit au passé, pour le réécrire au présent ou au futur.... ou bien nous décidions de changer le genre des mots chaque fois que cela était possible....
On inventait un texte dont chaque phrase commençait par une lettre de l'alphabet dans l'ordre, puis en partant de la fin....
On cherchait des anagrammes....
On créait de toutes pièces de nouveaux mots à la manière des surréalistes....
On découvrait des poèmes, parfois en créole, que je leur demandais de résumer par un mot, ou une couleur....
Très vite, la plupart des enfants s'appropriaient la direction que prenait la séance et j'étais toujours étonnée de la facilité avec laquelle ils jonglaient avec ces mots qui les impressionnaient tant si peu auparavant !
Ils avaient une imagination et une créativité qui ne demandaient qu'à s'exprimer !
Au dernier trimestre, nous préparions pour la fête de l'école un travail autour de ces mots qui nous avaient accompagnés.... Un poème écrit à plusieurs mains dont ils avaient choisi la forme et le fond.... Une pièce de théâtre mêlant français et créole (là.... il avait fallu vaincre les réticences des enseignants !).... Et même la lecture devant les parents rassemblés, d'une nouvelle de plusieurs pages, remaniée si souvent que même moi je m'y perdais un peu !!!
Cette nouvelle fût écrite l'année de mon départ.... et le directeur de l'école, qui était devenu un bon copain, l'avait imprimée, reliée, et faite dédicacer par tous mes petits participants de cette année-là....
Un peu jaunie, un peu tachée d'humidité, elle est toujours rangée au bas de ma bibliothèque, comme un clin d'oeil à ces séances de jeux avec les mots que je renouvellerai avec tant de plaisir si j'en ai l'occasion !!!
Et il se trouve qu'une association pas loin de chez moi cherche des volontaires pour du soutien scolaire et des cours d'alphabétisation....
11 mars 2009
Ca balance....
La nuit dernière, comme de plus en plus souvent (l'âge sans doute !), la princesse a peu dormi.....
Pas vraiment une insomnie puisqu'endormie à 22h30, je me suis réveillée d'un coup à 5h.
Plop.... les yeux grand ouverts et aucune envie de retourner dans les bras de Morphée !
J'ai connu ça à de nombreuses reprises il y a bien longtemps, à chaque fois que j'étais enceinte .... Non, non.... je vous arrête tout de suite.... aucune chance !!!!
Et dans le silence et la pénombre de la grande maison, je me suis revue, des années en arrière, me lovant sans bruit dans la nuit noire dans le hamac suspendu entre deux poteaux de la terrasse de notre maison aux Antilles...
J'entendais alors juste le bruit de la mer en contrebas et les moteurs des yoles emmenant les pêcheurs au large pour la journée.... ils disaient qu'ils allaient à Miquelon....
Il faisait chaud et humide, et en saison, l'alizée permanent rabattait sur nous des odeurs de bagasse, de canne à sucre brûlée....
Je ne me rendormais jamais, bercée dans mon hamac, car le jour se levait bien trop tôt ! Mais je me souviens combien j'adorais ces instants à rêvasser, à profiter du calme et de l'atmosphère sereine....
Je me concentrais sur ces bébés qui gigotaient dans mon ventre jusqu'à me réveiller et peu à peu, je les sentais se calmer au rythme du balancement....
Est-ce pour cela qu'après leur naissance ils ne s'endormiraient que calés dans mes bras, tandis que je m'installais dans une berceuse (un genre de fauteuil à bascule).... qu'enfants ils passeraient des heures à lire ou jouer dans les hamacs... et que plus tard encore, ils aimeraient tant le roulis des voiliers ???
J'aime à le penser.....
Aujourd'hui, les berceuses sont toujours là, nous ayant suivi de déménagement en déménagement, et c'est là que tout naturellement j'ai fini ma nuit, enroulée dans une polaire, écoutant le tac-tac caractéristique du mouvement de balancier sur le parquet....
Il manquait le bruit de la mer !
Mais en fermant bien fort les yeux.....
12 décembre 2008
Glandouille sur le web
Mercredi matin, quand la princesse s'est réveillée, il neigeait....
Et je l'ai su bien avant de jeter un oeil dehors !
Le jour n'était pas encore levé, mais comme on ne ferme jamais les volets dans la grande maison, la nuit que je devinais par l'interstice des rideaux de ma chambre n'avait pas la même nuance qu'habituellement !
Les bruits de la route, que l'on entend déjà si peu en temps normal, étaient carrément inaudibles et, dès les premières lueurs de l'aube, j'ai vu que le jardin était tout blanc, les voitures comme emballées de coton....
J'ai fait sortir le chien, ravi de se rouler dans la neige, puis le chat, avançant circonspect, patte après patte !
Et j'ai pris mon café debout, le front collé à la vitre gelée...
Après, j'ai moins aimé....
Il a fallu conduire jusqu'à l'arrêt du bus pour fille dernière, puis jusqu'à la banque où fille ainée fait son stage..... c'était un peu casse-gueule, surtout que mes pneus avant auraient bien besoin d'être changés !!!!
Monsieur Liaht s'est chargé d'accompagner Mini Chat au collège et fille cadette a pris son bus, marchant courageusement sur 500m !!!
A 9h, la maison était déserte (le chat n'ayant pas cours, et roupillant jusqu'à midi....il ne compte pas !!!), le repassage fait, la lessive étendue...
Et là, coup de fil.... terrain de rugby impraticable, entrainement annulé... YEEEEEEES !!!
AM libre !!!
Pour le déjeuner, j'ai ravitaillé fille ainée, Monsieur Liaht, qui a fait une apparition chronométrée mais bienvenue, et Mini Chat.....
Puis ils sont tous repartis ! L'une à sa banque, l'autre à son bureau et le troisième profiter de la neige avec ses copains ....
Le Chat est descendu, a englouti trois bols de céréales et un litre de jus d'orange, puis a regagné son antre avec une thermos de café serré.... révisions...
AM libre !!!!
Et rien de prévu, puisqu'en général le mercredi je suis super-occupée !!!
Alors j'ai glandouillé .....
Un petit coup de TV, blottie sous la couverture devant le feu....
Et l'ordi ....
Plusieurs heures (heu oui, j'avoue.... de 14h15 à 17h30 quasiment !!!!) à farfouiller de blogs en blogs, à baver devant les recettes de cuisine spécial noël, à admirer les décos sans faille, à zapper de page en page....
Et puis je me suis amusée à taper des noms sur G.o.o.g.l.e.....
Le mien bien sûr !!! Ben oui..... j'y suis !!! Grâce au rugby !
Puis celui de monsieur Liaht.... là, il y a un paquet d'entrées !
Puis celui d'amis, proches ou perdus de vue....
J'ai ainsi eu des nouvelles des parcours des uns et des autres..... c'était marrant !!!
Une amie orthophoniste de formation a créé un centre basé sur les médecines chinoises...
Un copain que l'on a connu workaholic comme directeur commercial s'est reconverti dans la musique baroque irlandaise dont il est devenu spécialiste....
Un autre s'est installé à St Pierre et Miquelon depuis quelques années....
Une copine de pension que j'ai reconnue grâce à une photo est une grosse menteuse..... elle l'a jamais eu, son bac !!!!
Une autre, timide jusqu'à l'exaspération au collège, est aujourd'hui reponsables des animations au Club....
Et un copain de fac, brillant élève, un brin prétentieux et moralisateur, les dents rayant le parquet à 20ans, est désormais un père (tardif !) de triplés de 18mois ...
Pour certains des noms qui me revenaient en mémoire, je n'ai trouvé que des liens vers des sites où il fallait s'inscrire.... pas pu approfondir !!!
Mais malgré tout, dans la plupart des cas, je me suis rendue compte que sur le net, on peut avoir accès à toutes sortes d'infos via des bases de données très différentes : sites de CV ou de recherche d'emploi, annuaires d'anciens élèves ou employés, archives de journaux ou de medias, forums de discussions, sites de retrouvailles, d'échanges de services ou de ventes de biens, statuts d'associations, bilans d'entreprises......
Il suffit de laisser une fois ses coordonnées sur un formulaire et hop.... on est enregistré !!!
Franchement..... je n'ai pas vu le temps passer.... mais savoir que tout un chacun peut ainsi savoir tout et rien sur moi, quand bien même je n'ai rien à cacher, me laisse un peu dubitative....
Je ne suis pas prête de renoncer à mon anonymat sur le web !!!