Pas facile de résumer ces dix derniers jours très intenses !

Déjà, c'était vraiment cool de passer cinq jours avec mon frère ! Malgré un temps exécrable à l'aller, pluie et vent Non-Stop, on a beaucoup discuté, évoqué nos souvenirs et fait des pauses gourmandes bien appréciables !
A ma demande, nous avons même fait de petits détours... Le premier pour se balader dans les rues de St Emilion, village où j'allais souvent trainer quand je bossais à Bordeaux dans ma jeunesse, et le deuxième pour aller revoir la maison de notre enfance, celle où j'ai vécu une bonne quinzaine d'années... On a pu se garer en face, détailler les changements de la façade et du jardin, confronter à nouveau nos souvenirs. J'ai surtout été très surprise de constater à quel point le jardin de mon enfance avait rétréci !!! C'était un petit moment émouvant et qui m'a fait chaud au coeur !

Je m'étais tellement préparée au pire pour les retrouvailles avec Madame ma Mère, ma soeur m'avait tellement répété qu'elle avait beaucoup vieilli, décliné, que je m'attendais presque à la trouver grabataire et ayant totalement perdu la tête...
Elle a mis un peu de temps à nous ouvrir sa porte, pour le coup elle est vraiment sourde comme un pot ! Jusqu'à maintenant elle a toujours refusé d'être appareillée mais on espère bien la convaincre... Sinon, elle est restée quasiment la même en à peine un peu plus voûtée et ralentie mais toujours aussi combative !

En découvrant l'environnement qui est le sien depuis presque trois ans, j'ai mieux compris le sentiment de solitude qui la ronge depuis qu'elle a décidé de s'installer dans cette résidence-services ultra moderne ! Le bâtiment est construit à la manière d'un paquebot avec des étages décalés permettant à chaque appartement d'avoir un balcon au calme. Mais du paquebot il a également les interminables coursives sans lumière naturelle, avec des portes identiques à perte de vue des deux côtés et, à intervalles réguliers, de lourdes portes coupe-feu qui renforcent encore le sentiment de froideur aseptisée et d'anonymat total... Pourquoi diable est-elle allée s'installer là-bas ???

Il a fallu tout de suite se mettre au boulot : trier, jeter, ranger et nettoyer. Une seule journée pour vider l'appartement et faire en sorte que l'état des lieux tourne en notre faveur !
Ma soeur et son mari nous ont rejoints le samedi à 9h, mon frère et moi avions déjà préparé le terrain...Dire et répéter à Madame ma Mère le dérouler du we, expliquer le tri nécessaire, montrer les photos de l'ehpad-chateau... Elle ne lâchait pas mon frère d'une semelle ! Mais on a su tourner ça à notre avantage pour justement éviter qu'elle ne soit trop "dans nos pattes", perturbée (légitimement) par le dispatching de toutes ses affaires dans des cartons ou valises. Mais que de bazar !!! Beaucoup d'habits inmettables car tachés ou trop petits, des bouts de papiers en tous genres mais étrangement très peu d'objets vraiment perso (photos, bibelots, souvenirs...), elle nous a dit qu'elle n'en avait pas voulu... Je dois dire que je m'interroge quand même ! Qu'a fait ma soeur durant ses années alors qu'elle venait régulièrement lui rendre visite ?! Appartement pas entretenu, linge à l'avenant, décoration inexistante...

Mais du coup... où est passée la pochette avec ses bijoux ? Et la sculpture en bronze signée (que mon père avait donnée à mon frère et que Madame ma Mère a embarqué sans état d'âme quand elle est partie de chez lui en rage !) ? Et les cadres en argent qu'elle trimballait partout avec elle ? Et...Et... Je suppose que ces objets ne sont pas perdus pour tout le monde ! Mais ni mon frère ni moi n'avons envie de nous lancer dans des querelles fratricides et la seule question posée par SMS à ma soeur avant notre arrivée concernant le bronze n'a pas obtenue la moindre réponse.... Dommage...

D'entrée de jeu, ma soeur m'a informée qu'elle avait trop mal au genou pour s'occuper du ménage. Soit. Je m'y suis donc collée, neuf heures à récurer à quatre pattes ou bras levés, le lino, les placards, portes, plinthes etc... qui n'avaient pas vu la moindre éponge/brosse/produit depuis son emménagement !! Mal au genou, OK, mais de là à me laisser aussi briquer le frigo, les plaques et les rangements en hauteur... L'état des lieux est passé nickel et cela m'a fait bien plaisir ! Une fois évacués les sacs à jeter, remplies les valises des indispensables et bouclés les cartons de l'inutile encore en état, on a chargé les voitures. Celle de mon frère avec les affaires de Madame ma Mère et celle de ma soeur avec le reste... Elle a ensuite fait ses adieux et est repartie chez elle, pas plus émue que ça, mais visiblement soulagée de nous avoir passé la main !
J'ai l'impression désagréable que nous n'aurons plus guère de ses nouvelles et ça me laisse un goût amer... Je lui avais apporté un petit carton avec quelques unes de mes réalisations maison (confitures, chutney, sauce tomates, pâte à tartiner...), elle l'a juste posé dans un coin ("on verra ça après") puis l'a chargé dans sa voiture sans le moindre commentaire, pas même un merci (et rien depuis...) et je l'avoue, cela m'a blessée et peinée.

Bref... Le retour dimanche et lundi (avec une nuit à l'hôtel où j'ai partagé une chambre avec Madame ma Mère pour la rassurer... je n'ai pas dormi !!!) a été bien moins pénible que nous ne l'avions craint ! Son médecin traitant nous avait confié son traitement habituel ainsi qu'un calmant pour le voyage. Bien sûr elle s'est plaint, a critiqué la route, l'hôtel, les repas. Bien sûr elle nous a accusés d'avoir trié ses affaires et jeté tout et n'importe quoi. Bien sûr elle a prétendu qu'elle ne nous avait jamais demandé de venir la chercher.... Mais elle n'a pas fait de vraie crise, pas été agressive ou larmoyante autant que redouté.

Jusqu'à l'arrivée au Château !!!
Elle a trouvé le cadre magnifique et l'accueil chaleureux et personnalisé mais..
Arrivés vers 11h, nous avons pris le temps de ranger ses affaires, vider les valises, lui faire visiter les lieux et déjeuner avec elle. Dès le début de l'am, on a vu que son humeur changeait, son regard se durcissait, son ton devenait vindicatif et ses propos agressifs... Ça a été très difficile de laisser couler, de ne pas répondre aux accusations... On a fini par partir sous ses imprécations en la confiant au personnel. Mon frère y est retourné deux jours plus tard régler quelques papiers. Elle avait bien dormi, se tenait à l'écart, ne supportant pas la vue des pensionnaires en fauteuil roulant, mais il parait qu'il faut lui laisser le temps de s'adapter ! Heu... Vous croyez ?!

On y retourne jeudi. Depuis une semaine qu'elle est là-bas, elle continue de nous harceler au téléphone plusieurs fois/jour, se plaignant qu'on l'a abandonnée dans un mouroir etc..
Et moi j'essaye de récupérer ! Manque de sommeil, interminable trajet en voiture, stress et grand nettoyage m'ont bien fatiguée ! Sans compter l'arrivée, dès le lendemain de mon retour, de Fille Aînée, de la Petite Princesse et du Chaton pour une semaine !!! 

Ce sera pour un prochain billet ! Bonne semaine à toutes !