Je ne sais pas si je suis vraiment emballée par mes matinées du mercredi au Foyer... J'ai toujours considéré que le bénévolat devait non seulement apporter un plus au bénéficiaire mais également au bénévole. En ce qui concerne les enfants que j'aide soit à faire leurs devoirs soit à combler leurs lacunes, les retours sont plutôt positifs...
Par contre, de mon côté, j'ai un peu de mal à me sentir épanouie dans ce que je fais. Je me sens assez seule, livrée à moi-même, pour gérer une douzaine d'enfants, soit un à la fois durant 1/2h, soit en groupe de quatre pendant 1h. Aucune pause, et aucun responsable qui vienne me voir... Quand j'arrive à 9h juste un bonjour (très chaleureux au demeurant !), on m'ouvre la salle et on me donne une feuille avec la liste des enfants présents ce jour là et l'ordre de passage... Les parents les déposent puis viennent les récupérer, on échange quelques mots. A midi, le dernier enfant parti, je frappe au bureau des éducatrices pour signaler mon départ. Juste quelques mots là encore, et souvent même elles sont en réunion et ne m'ouvrent pas !

Je l'avoue, c'est un peu frustrant ce manque d'échange !!! Mais je reconnais que la faute en revient plus à la disposition des lieux qu'à l'équipe salariée... Il n'y a aucune salle commune, ce Foyer est juste une grande barre d'immeuble, constituée de 350 studios tous identiques ! Certains sont occupés par des propriétaires privés, d'autres loués à des étudiants ou jeunes salariés et une quarantaine réservés à l'accueil de familles SDF...
Les bureaux situés au rdc sont également des studios qui ont juste été changés de destination mais sans aucun aménagement, du coup la seule solution pour être au calme et isolé du couloir est de fermer la porte d'entrée du studio et il n'y a pas de poignée extérieure ! Ce n'est pas très engageant ! Souvent je n'ose pas frapper avec trop d'insistance de peur d'interrompre une réunion ou un RV de l'assistante sociale... Parfois la porte est entrebâillée et c'est plus simple ! C'est d'ailleurs l'option que je privilégie quand je suis avec les enfants...

Je suis donc décidée, avant ou juste après les vacances de février à suggérer un moment de débriefing avec les responsables, à la fois pour faire le point sur les enfants mais aussi pour leur faire part de mon ressenti dont je suis sûre qu'elles n'ont aucune idée !

Et mercredi dernier, j'ai trouvé sur ma table en arrivant la feuille de présentation d'un débat (qui ne m'était pas destinée !) qui m'a interpellée quelque part !!! "Compassion, empathie ou bienveillance.... le positionnement de l'aidant". Cette phrase a pas mal résonné dans ma tête ! Surtout par rapport à Madame ma Mère d'ailleurs ! On utilise souvent indifféremment les termes " empathie" et "compassion" mais pour moi ils n'ont pas la même signification...
Je vois de la bienveillance dans l'empathie, l'autre est mon égal dans ses difficultés qui pourraient être miennes, je peux aisément me mettre à sa place, comprendre ses motivations et ses émotions. Pour moi, la compassion est plus distanciée, je ressens un peu de pitié, je plains la personne, et si je lui apporte mon soutien c'est uniquement parce que cela fait partie de mes valeurs, quand bien même je ne cautionne pas sa manière d'être et/ou de faire.... 

J'ai de la compassion pour Madame ma Mère, je la plains pour la souffrance réelle induite par sa solitude et je ferai le maximum pour y remédier... Pour autant je suis incapable de faire preuve d'empathie envers elle ! Elle est responsable de sa situation actuelle et son mode de fonctionnement n'a jamais été le mien... Me mettre à sa place m'est impossible ! Lui venir en aide malgré cela est plus dans mes cordes ! Quant à la bienveillance, mon mot chouchou, j'essaie de la mettre en filigrane dans chacun de mes jours !!!

Alors... empathie, compassion, bienveillance.... Bonne réflexion pour les jours à venir !!! :)